Entretien avec Mamadou Kanté, président de l’Ancar-CI

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« Notre métier est incontournable »

Le courtage en assurance semble peu connu, du moins en Afrique et plus singulièrement en Côte d’Ivoire. Et pourtant, il tient une place de choix dans le secteur de l’assurance. Le président de l’Association nationale des courtiers d’assurance et de réassurance de Côte d’Ivoire (Ancar-CI) Mamadou Kanté, nous éclaire davantage. Interview.

Un courtier en assurance, qui est-il exactement ?

Un courtier en assurance est d’abord un commerçant, indépendant, un professionnel de l’assurance qui met en relation son client ou assuré et un assureur ou compagnie.  Son activité est réglementée par le livre 5 du code Cima  (Conférence interafricaine des marchés d’assurances). Le courtier est le mandataire de l’assuré. À ce titre, il intervient pour son client auprès des compagnies. Il trouve les produits les plus adaptés aux besoins de celui-ci auprès d’une compagnie d’assurance offrant des garanties de solvabilité satisfaisantes. Pour cela, le courtier n’hésite pas à faire jouer la concurrence entre les compagnies au bénéfice de l’assuré. Il a un rôle fondamental de conseil afin d’accompagner son client dans le choix du meilleur contrat, mais également tout au long de la période d’exécution de ce dernier. Il se présente comme un guide sûr et expérimenté pour son client.

Il a aussi le rôle d’anticiper, d’innover. Dans ce cadre, cet intermédiaire en assurance peut aller plus loin en créant pour son client des contrats sur mesure. Il doit être continuellement à l’écoute des besoins et attentes de ses clients auxquels il adapte son approche et ses méthodes d’actions. Au-delà de la gestion des contrats d’assurance, le courtier peut être amené à effectuer des prestations telles que l’audit de conseil ou de risques et de prévention hors présentation d’assurance, l’audit et conseil de risques et de prévention en cours de contrat,   la gestion de sinistre, de recours, l’analyse des risques, etc. En Côte d’Ivoire, nous sommes regroupés au sein de l’Association nationale des courtiers d’assurance et de réassurance de Côte d’Ivoire (Ancar-CI), créée depuis 1991, avec aujourd’hui plus de 170 membres.

 

Quelle différence fondamentale peut-on faire entre le courtier et la compagnie d’assurance ?

Le courtier est aussi appelé, d’une manière générale, un intermédiaire. Nous nous trouvons entre le client et la compagnie. Le courtier est donc l’intermédiaire entre le client et l’assureur. La profession d’assureur est tout autre. Régie par le code Cima, elle a aussi ses règles. À la différence de la compagnie d’assurance, le courtier n’établit pas de contrat. Cela est du ressort de l’assureur. Et c’est également l’assureur qui procède à l’indemnisation des sinistres. Le courtier est rémunéré par la compagnie et non par le client.

Doit-on nécessairement passer par un courtier pour s’assurer ?

Lorsque vous avez un bien à assurer, soit vous allez directement dans une compagnie, soit vous vous attachez les services d’un courtier. Avoir un conseiller pour soi, c’est toujours avantageux. Le courtier est un professionnel de l’assurance. Il connaît le marché, alors que l’assuré, lui, est un novice. Seul le courtier peut lui permettre de faire le bon choix qui s’adapte à sa réalité. L’intérêt de choisir un courtier, c’est surtout le conseil spécialisé, l’approche personnalisée et l’accompagnement spécial dont l’assuré bénéficie, de la signature du contrat, son exécution, jusqu’au paiement des sinistres. Dans tous les pays du monde, en assurance, c’est toujours au courtier qu’on s’adresse. C’est la voie indiquée. Notre métier est incontournable.

Comment se porte le secteur du courtage ?

Le courtage se porte très bien, comme la grande famille de l’assurance en Côte d’Ivoire. C’est un marché porteur. Dès lors que dans la société la classe intermédiaire commence à être assez importante, comme c’est aujourd’hui le cas en Côte d’Ivoire, des secteurs comme l’assurance se développent parce que c’est la classe intermédiaire qui est beaucoup plus consommatrice, qui a envie de protéger ses acquis. À ce titre, nous pensons que l’assurance a encore de beaux jours devant elle, en même temps que le courtage. La Côte d’Ivoire est le premier marché du code Cima. En 2015, nous étions à 278 milliards FCFA de chiffre d’affaires. Et les courtiers représentent 60% de ce chiffre d’affaires, soit environ 166 milliards FCFA. Nous évoluons avec la croissance de la Côte d’Ivoire qui est une dynamique continue. Et le secteur en tire énormément profit. En retour, nous sommes de véritables acteurs au service du développement économique et social. À titre d’exemple, les emprunts obligataires de l’État, les placements, sont en général alimentés à 80% par les assureurs.

Quels sont les défis de l’heure ?

Le courtier doit se prévaloir d’un professionnalisme irréprochable pour mieux servir ses clients. Il travaille dans un domaine dynamique. Il doit donc renforcer constamment ses acquis en matière de formation. Dans ce cadre, au niveau de l’Ancar-CI, nous organisons régulièrement des séminaires pour l’ensemble de nos membres. Nous avons en notre sein une cellule scientifique et de formation. En matière d’attente, nos préoccupations sont celles de tous les hommes d’affaires ivoiriens. Nous voulons qu’il y ait plus de place et de marché pour les nationaux, notamment dans le courtage des grands risques. Nous nous sentons défavorisés, et pourtant notre rôle dans le développement économique et social en Côte d’Ivoire est indéniable.

Par ailleurs, nous souhaitons qu’à l’instar de pays comme le Burkina, le Sénégal, les risques de construction soit rendus obligatoires, surtout que nous sommes dans un pays dynamique, afin d’amener les entrepreneurs à mener les chantiers à bonne fin pour le bonheur des populations. S’agissant du taux de pénétration de l’assurance en Côte d’Ivoire, il n’excède pas de 2%, même si la Côte d’Ivoire est le premier marché de la zone Cima. La culture de l’assurance n’est pas développée dans notre pays. Il y a une méfiance à l’égard du secteur parce l’assurance n’interviendrait pas trop vite, en cas de sinistre, sans compter les stocks importants d’impayés. Il faut donc améliorer le regard que l’on a sur l’assureur. Nous travaillons à cela afin de redonner confiance aux clients, et que l’on voie désormais l’assureur d’un bon œil. Il y va de l’intérêt de tous. Nous avons de réels motifs d’espoir…

 

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