Assurance : une performance dopée par la croissance

Le marché des assurances en Côte d’Ivoire poursuit sa forte dynamique. Il se donne les moyens de maintenir son leadership dans la zone Cima (Conférence interafricaine des marchés d’assurances), mais les défis restent importants.

Un volume de 278,493 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2015, contre 254,7 milliards FCFA en 2014, soit une hausse de 12,7%, selon l’Association des sociétés d’assurances en Côte d’Ivoire (ASA-CI), telle est la performance chiffrée du secteur des assurances en Côte d’Ivoire. La répartition donne exactement 159,336 milliards FCFA pour l’assurance non-vie, et 119,157 milliards FCFA pour l’assurance-vie. Les recettes en assurance non-vie ont enregistré une progression de 16,5%, et celles de l’assurance-vie de 7,8%. Le niveau des prestations payées s’est globalement élevé à 141,473 milliards FCFA. De façon spécifique, en assurance non-vie, les prestations payées s’élèvent à 70,382 milliards FCFA, soit une baisse de 0,5% par rapport à une évolution de 23,3% réalisée en 2014. En assurance-vie, les prestations payées en 2015 se chiffrent à 71,92 milliards FCFA, soit une baisse de 2,5% (contre une chute de 2% en 2014).

Des réservoirs de croissance (inter)

Depuis quelques années le marché enregistre une progression comprise entre 7 et 10%. Une performance qui, de l’avis du président de l’Asaci, Roger Boa Johnson, profite de la bonne santé de l’économie ivoirienne et des investissements majeurs réalisés, tant par le secteur public que par le secteur privé. Il note que les performances économiques du pays, qui enregistre un taux de croissance moyen du produit intérieur brut (PIB) de 9% ces cinq dernières années, favorisent un marché attractif marqué par l’arrivée de nouveaux acteurs. Le vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, se veut aussi rassurant. «La croissance économique est source de nouvelles matières assurables. En outre, la Côte d’Ivoire dispose encore d’un secteur informel important. En se modernisant, ce secteur devrait créer de nouvelles matières assurables», souligne-t-il.

M. Duncan relève que les perspectives sont encore bien prometteuses. «Les réservoirs de croissance sont loin d’être épuisés», soutient-il. Autant dire que les opportunités et les marges de manœuvre perdurent pour les opérateurs économiques et tous ceux qui ambitionnent d’investir dans le secteur de l’assurance en Côte d’Ivoire. Mais les challenges restent importants.

De nouveaux défis (inter)

Des changements majeurs ont été annoncés depuis 2016 par la Fédération des sociétés d’assurance de droit national africaines (Fanaf), relativement au relèvement du capital social des sociétés d’assurance. Celui-ci sera porté à 3 milliards FCFA en 2019 et à 5 milliards FCFA à partir de 2021. En réaction, l’ASA-CI note que la situation à terme du marché ivoirien va dépendre de la capacité des acteurs à anticiper cette évolution et de leur imagination pour renforcer rationnellement les fonds propres.

L’assurance en Côte d’Ivoire veut aussi se donner une bien meilleure visibilité et une bonne image. Ainsi les professionnels s’engagent à travailler à l’assainissement de l’assurance-santé. «Le secteur compte une multitude d’acteurs dans la gestion de l’assurance santé et la résolution de ce problème peut impacter positivement le chiffre d’affaires du marché», souligne M. Boa, le patron des assureurs. La prolifération des intermédiaires d’assurance sans autorisation est un autre souci. La prise en charge rapide des victimes des accidents de la circulation, la dématérialisation du certificat transport, à l’instar du Cameroun et du Sénégal, pour induire l’augmentation du chiffre d’affaires de la branche transport, l’augmentation du nombre des assurances obligatoires, comme l’assurance incendie, l’assurance construction, etc., sont autant de préoccupations.

Un taux de pénétration qui demeure assez faible (inter)

Lutte contre la fraude, amélioration de la qualité de service vis-à-vis des assurés et bénéficiaires de contrat, mise en place de mécanisme et d’instruments de gestion performants des sociétés… Des engagements qui devraient aussi permettre renforcer ce secteur vital de l’économie ivoirienne. Un bémol cependant. Le taux de pénétration ne dépasse pas les 2%, quand bien même la Côte d’Ivoire constitue le premier marché de la zone Cima. Le manque de culture d’assurance et la méfiance des populations vis-à-vis des sociétés d’assurances du fait de stocks importants de primes impayées ou de la lenteur dans l’indemnisation des sinistres pourraient expliquer cet état de fait.

Rappelons qu’il a été procédé à un retrait d’agrément en 2015, à savoir celui de la Compagnie euro-africaine d’assurances. Mais, dans le même temps, quatre nouvelles sociétés y ont fait leur entrée. Il s’agit d’Axa Côte d’Ivoire-Vie, Wafa Assurances, Wafa Assurance-Vie, et la Société africaine d’assurances et de réassurances (Saar). Le secteur comprend à ce jour 31 sociétés, dont 19 en non-vie et 12 en assurance-vie. Les leaders en vie sont Sunu, Saham, Allianz et NSIA, quand le marché en non-vie reste dominé par Saham, Allianz, NSIA, AXA, Sunu et Atlantique Assurances.

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