Des résultats en demi-teinte pour la BRVM

Edoh Kossi Amenounve, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a transmis les résultats 2017 de l’institution qu’il dirige depuis plus de cinq ans.

Comparativement à l’exercice précédent, la capitalisation boursière du marché des actions à fin 2017 se situe à 6.836,2 milliards FCFA contre 7.706,3 milliards FCFA à fin 2016. La capitalisation du marché obligataire est quant à elle en nette progression, à 2.970 milliards FCFA, là où fin 2016 elle était à 2.509 milliards FCFA.
De fait si le dernier exercice fait apparaître un bilan en demi-teinte pour la BRVM, il n’y a pas lieu de s’alarmer. Certes, les signaux et indicateurs de l’année 2017 présentent une évolution en dents de scie. L’institution sous-régionale, qui regroupe huit pays, a enregistré neuf augmentations de capital en 2017 contre deux en 2016 – soit plus de 350% – pour 336,8 milliards FCFA introduits contre 37,4 milliards FCFA en 2016 – soit plus de 800%. Au titre des nouvelles introductions en bourse, la BRVM en a enregistré deux, à savoir NSIA Banque (le 24 octobre 2017) et Ecobank Côte d’Ivoire (le 12 décembre), soit un total de huit introductions en bourse entre 2014 et 2017, contre deux entre 2010 et 2013.

Des sources de satisfaction…

En termes de volume de transactions, l’on peut noter que la BRVM a réalisé en 2017 une progression de 11,78%, avec 217,77 millions de titres échangés, contre 194,828 millions en 2016. Le taux de rendement se situe quant à lui à 5,38% contre 3,57% en 2016. Quant à la capitalisation boursière, l’institution dirigée par M. Edoh K. Amenounve a présenté fin 2017 des résultats mitigés qui se présentent comme suit. Pour ce qui concerne le marché des actions, elle a enregistré 6.836 milliards FCFA contre 7.706 milliards FCFA en 2016 (soit une baisse 11,29%). S’agissant du marché obligataire, elle a enregistré une hausse de 18,34% pour 2.970 milliards FCFA contre 2.509 milliards en 2016. En 2017, la BRVM a enregistré quatre hausses au niveau de l’évolution des cours, à savoir les titres Ecobank CI (+38,05% par rapport au cours de clôture du 12 décembre 2017), SOGB CI (+27,27%), Coris Bank BF (+16,14%) et Saph CI (+10,54%). Vingt-cinq sociétés ont connu des fractionnements de leurs titres en 2017, contre quatre sociétés sur la période 2015-2016, et trois entre 2012 et 2014. La BRVM à ce jour, c’est 45 sociétés cotées pour 29 sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) et 8 banques teneurs de comptes conservateurs.

… et des contre-performances

Pour autant, les résultats de la BRVM au cours de l’année 2017 n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes. Cela se constate au niveau de certains indicateurs de performances tels que le rapport de gains de prix (Price Earning Ration), à 17,29 contre 24,25 en 2016 et 23,46 en 2015. Au niveau des indices boursiers, la BRVM a enregistré des baisses aussi bien pour le BRVM 10 que pour la BRVM Composite. En 2017, ce dernier a connu une baisse de 16,81%, passant de 292,17 points en 2016 à 243,06 points en 2017. De son côté, le BRVM 10 enregistre également une baisse (de 16,15%) sur ce dernier exercice, à 219,65 points contre 261,95 points en 2016. Une chute a également été perçue au niveau de la valeur des transactions. En 2016 elle s’élevait à 409,26 milliards FCFA, passant à 267,6 milliards FCFA en 2017, soit une baisse de 34,61%.

 

Récapitulatif des principales opérations et évolutions des cours en 2018.

Quelles perspectives?

Bien que les résultats globaux de la BRVM en 2017 connaissent une légère baisse, l’institution n’a pas connu de krach boursier comme certains acteurs du marché financier auraient pu le faire croire. Selon M. Edoh K. Amenounve, la BRVM s’est même bien comportée tout au long de l’année 2017, indiquant que la baisse de l’indice est due au fait que plusieurs investisseurs ont pris leurs bénéfices. Le DG a également précisé que la BRVM avait repris 10% en décembre 2017. «La baisse des indices n’est pas toujours une mauvaise nouvelle pour les bourses», a-t-il ajouté. M. Amenounve a annoncé que 101 milliards FCFA de dividendes ont été payés par les sociétés cotées durant l’année écoulée. Il s’est aussi réjoui du fait que 2017 ait été l’année de la renaissance de la Bourse de l’Uemoa avec le lancement du troisième compartiment dédié aux PME, lancé le 19 décembre dernier.
De bonnes perspectives sont annoncées sur la période 2018-2020 tant au niveau de la BRVM que du DC/BR. La création d’un marché pour les ressources minières, pour les ventures-capital, l’incitation des grandes entreprises publiques et privées à se faire coter à la BRVM, tout comme le lancement des obligations de la diaspora par les États de l’Uemoa sont, entre autres, quelques perspectives relevées par le directeur général. Du côté du Dépositaire central et de la Banque de règlement, les perspectives sont tout aussi notables. L’on peut citer pêle-mêle la mise en place des prêts/emprunts des titres, la mise en place d’une plateforme informatisée de gestion des OPCVM, le renforcement de l’offre de service aux sociétés non cotées et l’achèvement de l’intégration des marchés de capitaux de la Cedeao. Notons qu’après vingt années d’existence, sur la période 2012-2017, la BRVM occupe en moyenne la troisième place des bourses africaines en termes d’évolution des indices (avec 11,26%) derrière les bourses du Nigeria (14,68%) et du Kenya (18,68%) et devant la bourse d’Afrique du Sud (11,23%). Au niveau de l’Uemoa, la BRVM représente 10% du PIB communautaire. Rappelons que la BRVM regroupehuit pays d’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

JC ACKE
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