Ces infrastructures qui dessinent la Côte d’Ivoire de demain

En attendant la sortie de terre du quatrième pont qui reliera la commune du Plateau à Cocody, la Côte d’Ivoire a su se doter de nouvelles infrastructures de base, indispensables à son essor économique. Le point sur quelques-unes de ces réalisations.

La création de ce quatrième pont va constituer une réelle bouffée d’oxygène pour les automobilistes abidjanais. Financé aux deux tiers par la Banque africaine de développement (BAD), le pont Yopougon-Adjamé coûtera environ 155 milliards FCFA. Selon l’Agence ivoirienne de gestion des routes (Ageroute), le projet permettra de désenclaver Yopougon, mais aussi d’y fluidifier le trafic routier, de même qu’à Adjamé et en direction du Plateau. D’une longueur totale de 7,5 km, l’ouvrage consiste en une voie express reliant trois communes (Yopougon, Adjamé et Le Plateau). Il s’étendra de Yopougon-Sideci entre le commissariat du seizième arrondissement et le cinéma Saguidiba à Adjamé-Indénié, à la lisière de la commune du Plateau. Le pont passera notamment par les quartiers Nouveau-Quartier, Toit rouge, Mossikro et Locodjoro, puis continuera à Attecoubé (école maritime), l’espace de l’hôtel Sebroko pour rejoindre finalement le boulevard Nangui-Abrogoua. Dans le détail, le quatrième pont comprendra une chaussée 2×3 voies. Au croisement avec les voies principales existantes du côté de Yopougon seront réalisés un échangeur et une passerelle sur la baie du Banco. Trois autres échangeurs et bretelles sont prévus pour traverser le boulevard de la Paix (route Carena) au niveau du quartier Boribana. À la fin de l’échangeur de Boribana, une chaussée de 2×2 voies prendra le relais jusqu’à l’Indenié, surmontant un tunnel (pour le métro) au niveau du boulevard Nangui-Abrogoua d’Adjamé. Annoncés pour débuter au deuxième trimestre 2017, les travaux du quatrième pont ne sont pas encore effectifs. Pourvu qu’ils démarrent sous peu pour soulager les populations. «Les habitués peuvent en témoigner, aux heures de pointe les embouteillages sont plus que monstrueux sur l’autoroute du Nord et l’ancienne route du Banco, traditionnellement empruntées pour rallier Yopougon et Adjamé», explique Jean C., un expert de la BAD.

Le métro d’Abidjan est sur les rails

Vieux projet datant du régime de feu Felix Houphouët-Boigny, les travaux du métro d’Abidjan ont été lancés officiellement par Alassane Ouattara et le président français Emmanuel Macron à la gare Ran de Treichville le 30 novembre 2017, en marge du sommet UE-Afrique tenu à Abidjan. Il s’agit des travaux de la première ligne d’un projet d’envergure d’un coût global de 917 milliards FCFA financé entièrement par la France après la sortie des deux entreprises coréennes – Dongsan Hyundai Rotem et Dongsan Engineering – qui détenaient respectivement 33% et 9% dans le projet et qui seront dédommagées à 6,560 milliards FCFA. La première ligne du métro d’Abidjan une fois achevée devrait accroître la mobilité de populations abidjanaises. Cette infrastructure essentielle, longue de 37,5 km entre les communes de Port-Bouët et Anyama, comportera une vingtaine de gares, et permettra de transporter 500.000 passagers par an. Le premier tronçon reliera les deux communes d’Anyama en 50 minutes. Se prononçant sur ce projet, Emmanuel Macron souligné l’implication de son pays : «Avec 1,4 milliard d’euros (plus de 917 milliards FCFA), cette offre constitue l’effort le plus important que la France ait jamais réuni au démarrage d’un projet de transport urbain à l’étranger. Il est le signe de la confiance qui nous réunit. S’ouvre une nouvelle page entre maintenant et la finalisation des travaux en 2022.»

Les effets positifs du troisième pont d’Abidjan

En attendant la réalisation des deux projets indiqués précédemment, on constate d’ores et déjà que les ponts de Bassawa-Sérébou et de Béoumi ont accru la fluidité entre les différentes localités environnantes. L’objectif avait été pointé par M. Patrick Achi, alors ministre des Infrastructures économiques qui expliquait que «ce pont se trouve à un carrefour géostratégique. Il relie le centre à l’est de la Côte d’Ivoire, mesure 152 m de long, est constitué de deux fois une voie de 7 m et de quatre travées de 37 m. Il a coûté 5 milliards 500 millions FCFA. L’ensemble des axes menant au pont ont été rechargés pour un montant de 5 milliards FCFA et 300 millions FCFA ont été investis dans les œuvres sociales, notamment la réhabilitation d’écoles, de centres de santé et de la mosquée de Sérébou. Le montant total investi dans le projet s’élève ainsi à 10,3 milliards FCFA. Quant au pont de Béoumi, qui relie le centre au nord de la Côte d’Ivoire, il a quant à lui coûté 19 milliards FCFA».
Et qu’en est–il du troisième pont, dit pont HKB ? Il s’agit du premier ouvrage financé grâce à un partenariat-public-privé dans le domaine des transports en Afrique subsaharienne. D’un coût total de 308 millions d’euros, soit plus de 201 milliards FCFA avec les échangeurs, il a été inauguré en 2015. Enjambant la lagune Ebrié, il a permis de la rapprocher la commune de Cocody (le quartier Riviera) à celle de Marory plus au sud. Fruit d’un partenariat public-privé, il s’agit d’un ouvrage à péage, et malgré sa contribution à la fluidité du trafic, le modèle économique sur lequel se fonde son exploitation – qui est l’affaire de la Société de construction du pont Riviera-Marcory (Socoprim) – continue de susciter des commentaires. De nombreux Ivoiriens critiquent ce montage financier, affirmant que le concessionnaire pourrait engranger des bénéfices démesurés et que l’Etat n’en ressortira pas gagnant durant la concession d’une durée trente ans. Depuis sa mise en service, en plus du droit de passage imposé aux usagers, l’État de Côte d’Ivoire est obligé chaque année de mettre la main à la poche pour combler le déficit d’exploitation. Ainsi, pour l’exercice 2018, il est prévu pour la Socoprim une dotation de 15 milliards FCFA, à l’identique de 2017 (en 2016, la subvention allouée par l’Etat était de 18 milliards FCFA, et de 12 milliards FCFA en 2015). S’agissant du règlement des factures, une source proche de l’ex-ministère auprès du Premier ministre en charge du Budget et du Portefeuille de l’État nous avait indiqué ceci il y a plus d’un an : «Nous faisons des prévisions budgétaires et il n’y a pas de problème […]. Nous payons au fur et à mesure qu’on nous présente les états de trafics sur le pont HKB.» Notons que les prévisions de trafic s’élevaient à 100.000 véhicules par jours par jour, sous ce seuil, l’Etat devant payer le manque à gagner.

Du concret dans le secteur énergétique

Le barrage hydro-électrique de Soubré est le fruit de la coopération sino-ivoirienne. Sa réalisation a coûté 331 milliards FCFA dont 85% apportés par Eximbank Chine, le reste du financement étant à la charge de l’Etat ivoirien. «Ce barrage est l’un des projets les plus emblématiques de la coopération sino-ivoirienne dans le cadre d’une coopération gagnant-gagnant autour de ce projet piloté au quotidien par CI- Energie. La mise en service de ce barrage va générer des milliers d’emplois. La Chine est le troisième partenaire financier de la Côte d’Ivoire et nous allons davantage inciter les entreprises chinoises à s’installer en Côte d’Ivoire», a dit en substance M. Wang Young, conseiller d’État de la République populaire de Chine. D’une puissance de 275 Mw pour une production annuelle de 1.170 gigawatt/heure, le projet du barrage de Soubré a été lancé en février 2013. Parallèlement à ce barrage, on peut relever l’accroissement de la production halieutique qui passera de 100 tonnes à plus de 250 tonnes par an avec la mise en place d’un plan de développement et de réorganisation de la pêche dans le secteur de Soubré. Aussi, a été créée une zone de biodiversité et d’écotourisme de plus de 200 hectares destinée aussi à la préservation des espèces de flore et de faune d’une part, et l’amélioration de la productivité agricole et la reconversion des populations vers des activités génératrices de revenus d’autre part. Rappelons que la mise en service du réseau d’évacuation de l’énergie produite, reliant la centrale de Soubré à celle de Taabo puis à la ville d’Abidjan, long de 370 km, est en service depuis le 23 décembre 2016. Faisant d’une pierre deux coups, le chef de l’Etat ivoirien a procédé à la pose de la première pierre du barrage de Gripo–popoli. Cet autre barrage d’une capacité de 112 Mw sera construit sur le fleuve Sassandra et à six kilomètres à l’aval du barrage de Soubré. «Cet aménagement est constitué d’un barrage au fil de l’eau. Il est constitué d’un évacuateur des crues, d’une usine de production hydroélectrique et d’un canal de restitution. Il va coûter plus de 308 millions de dollars US, soit plus de 153 milliards FCFA», précise la note technique conçue par CI-Energies.

Stéphane d’Avignon

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