Jean-Marie Somet (DG de Côte d’Ivoire Tourisme) : «Le SITA, la Côte d’Ivoire y gagne énormément »

Abidjan Le directeur général du tourisme, Jean-Marie Somet explique les enjeux de la 8e édition du Salon international du Tourisme d’Abidjan (SITA) qui aura lieu du 27 avril au 1er mai à Abidjan, tout invitant par ailleurs les Conseils régionaux à valoriser leurs sites touristiques dans le cadre de la promotion du tourisme intérieur.

Bientôt la 8e édition du Salon international du Tourisme d’Abidjan (SITA), pourquoi organiser chaque année ce salon sans intervalle?

Vous savez, la Côte d’Ivoire a beaucoup souffert, elle a souffert de cette image négative dans le monde. Nous faisons le salon chaque année parce que notre pays mérite le meilleur. Etant donné que nous avons plusieurs niches touristiques, nous voulons être un hub du tourisme en Afrique, une véritable locomotive en développant le tourisme de masse. La Côte d’Ivoire bénéficie d’un atout favorable qui est le tourisme des affaires. Près de 60% de notre tourisme repose sur le tourisme des affaires. Nous voulons présenter à la face du monde que c’est une zone d’investissement assez crédible. C’est aussi faire découvrir aux ivoiriens leur propre pays et par delà, expliquer aux africains que nous n’avons pas de salon comme les autres pays du monde et que le seul salon qui peut rassembler l’ensemble de l’Afrique est le Salon international du tourisme d’Abidjan (SITA) qui aura lieu du 27 avril au 1er mai. Loin de nous batailler sur les chiffres, Abidjan est le lieu incontournable du tourisme en Afrique. Et c’est pourquoi nous avons fait appel à tous nos voisins pour qu’ils présentent toutes les possibilités touristiques de leur pays. Nous voulons que les africains se retrouvent entre eux pour discuter et mettre en place une stratégie pour faire valoriser la richesse du continent.

Quel est la particularité de cette 8e édition ?

C’est le thème en lui-même à savoir, « Les novelles technologies au service du tourisme ». Les pays européens, américains et asiatiques ont déjà passé le cap de la digitalisation. Vous ne pouvez pas visiter toute la Chine. Vous ne pouvez que télécharger les applications qui vous permettent de choisir un lieu. En Afrique, nous sommes au seuil de cette évolution avec ces jeunes gens capables de vous créer des applications à même de visiter la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui vous pouvez préparer un voyage depuis chez vous à la maison en allant sur le site ou le Facebook de Côte d’Ivoire Tourisme ou des agences de voyage. En venant, vous savez déjà ce qu’il faut toucher du doigt. L’impulsion des nouvelles technologies dans la profession est aussi importante. Comment offrir un service de qualité en étant acteur. C’est-à-dire présenter à partir de la toile son hôtel au monde entier et favoriser des visites virtuelles. On n’a plus besoin d’une clé pour rentrer dans une chambre ou se faire réveiller par un standardiste dans un hôtel. Il suffit tout simplement de programmer sa carte magnétique et le coup est joué. La digitalisation de la profession permet de faciliter la relation entre votre équipe et les clients de l’hôtel. Sur des tablettes numériques on peut visiter la Côte d’Ivoire. Nous avons envoyé des personnes à l’intérieur du pays pour des captations de sites touristiques tels la basilique, le fleuve de la Nawa, San-Pedro, les cascades de Man etc. Notre activité est une activité de proximité. Nous voulons à travers les nouvelles technologies, susciter l’envie et le désir d’aller découvrir des lieux en étant sur place. Le thème en lui-même est novateur. Pour ce faire, nous avons utilisé 45 000 m2 et couvert 10 000 m2 pour permettre ce salon qui, il faut rappeler est organisé pour faire du business. Ici nous présentons la Côte d’Ivoire mais également l’Afrique.

Quelles sont les retombées économiques et culturelles de ce salon pour la Côte d’Ivoire ?

La Côte d’Ivoire y gagne énormément. Lorsque nous arrivions en 2013, nous étions à 0,6% de contribution dans le produit intérieur brut (PIB). De 2013 à 2014, nous avons progressé à 2,4%, ensuite à 4,8% en 2015, et aujourd’hui, nous sommes à 7,5% dans le PIB. C’est un peu plus de 120.000 emplois que nous avons créés. Le tourisme n’est pas seulement de la villégiature, il faut plutôt percevoir la valeur ajoutée qui se crée autour de l’activité touristique à travers le transport, l’hébergement, les visites et surtout la contribution au PIB. La richesse culturelle est aussi importante pour nous parce que c’est l’ADN du tourisme. Vous avez une valeur culturelle, des manifestations, des festivals un peu partout, la Pâquinou, l’Abissa, le Popo carnaval, le FEMUA. De nombreux étrangers se sont déplacés pour voir le FEMUA. Le tourisme, c’est d’inciter les gens à venir à des lieux et à des moments précis dans votre pays. Plus ils viennent, plus le visiteur qui devient client profite de cela en vous laissant une manne financière à son départ. Au 5e sommet UE/UA, il y avait 10 000 personnes présentes. Si vous calculez la moyenne de ce que les gens ont laissé pendant cinq jours, vous comprenez ce que c’est que l’économie touristique. Sans compter l’ICASA, les jeux de la francophonie ou des gens ont laissé beaucoup d’argent en partant. Au niveau de l’artisanat, d’autre sont partis avec un souvenir du pays. Si vous ne faites pas la promotion du tourisme, comment les avions seront pleins. Nous sommes dans une transversalité ou chacun doit donner à l’autre, le meilleur de lui-même.

Fitur de Madrid, ITB de Berlin, BITE de Pékin, entre autres sont autant de salons à l’extérieur auxquels vous participez. Quels profits en tire le tourisme ivoirien?

En matière de tourisme, si vous ne communiquez pas, vous vous éteignez progressivement. Aujourd’hui nous sommes au-delà de nos espérances avec 1,5 millions de visiteurs y compris les nationaux. Vous prenez par exemple le Maroc, ils ont une stratégie consistant à demander à la diaspora de consommer leur propre produit. C’est ce que nous voulons inculquer aux Ivoiriens. Si vous-mêmes ne consommez pas vos produits, personne ne viendra le faire pour vous. Les Ivoiriens l’ont compris avec le cas du Paquinou, du Popo carnaval, de l’Abissa, du FEMUA. Ce sont plus de deux millions de personnes qui se déplacent vers le centre lors de la période pascale. Plus de 20 millions qui vont vers l’Abissa, parce que plus proche d’Abidjan. Ce qui veut dire qu’on se rapproche les uns des autres pour apprendre la culture de l’autre. Le tourisme est certes l’économie la plus lente, mais également la plus turbulente en matière de résultat. Au regard de tout cela, nous partons vers l’extérieur pour porter le message que la Côte d’Ivoire est de retour et que le pays est devenu fréquentable. Nous avons travaillé quatre ans pour valoriser l’image de la Côte d’Ivoire. Vous allez aujourd’hui sur le site des affaires étrangères des autres pays, nous sommes passés de la zone rouge à la zone jaune. C’est-à-dire que nous sommes une destination fréquentable. Nous sortons pour aller dire aux gens que mon pays est devenu fréquentable. Notre métier c’est d’aller défendre l’image de notre pays. En matière de tourisme, on ne ment pas. Cela vous rattrape tôt ou tard. Il y a beaucoup de niches que l’ivoirien ignore. La pêche sportive par exemple. Nous avons des records du monde de marin bleu qui sont très recherché dans le monde. Il est perché à 20 Km de nos côtes. Côte d’Ivoire Tourisme ou l’Office national du Tourisme est comme une boussole. Nous travaillons à ce que nos opérateurs mettent en place les produits demandés par les clients à l’extérieur. Des gens aujourd’hui viennent voir le dernier rhinocéros blanc d’Afrique de l’Ouest déportés à Bouaké. Nous cherchons actuellement deux femelles pour permettre la reproduction.

Justement que faites-vous pour promouvoir le tourisme à l’intérieur du pays, au lieu d’attendre toujours que des gens viennent de l’extérieur pour voir ?

(Rire). Nous avons en 2013 demandé aux Conseils régionaux que vous connaissez de présenter les atouts touristiques. Nous avons mis à cet effet le programme d’action au développement de Côte d’Ivoire (PADCI). Seul le Sud-Comoé s’est réellement intégré. Vous ne pouvez pas faire du développement si vous ne savez pas ce que vous avez comme potentiel. Nous avons fait de la géolocalisation et mis en place des GPRS pour situer toute la sphère touristique de la région Sud-Comoé. Nous avons ouvert le premier bureau de l’office touristique de la région à Bassam. Nous allons bientôt mettre en place des centres d’informations. Les acteurs ont été formés, nous avons recensés l’essentiel. On sait plus ou moins les sites qu’on peut visiter à Bassam. Le flanc d’eau est spectaculaire. Nous faisons un rapprochement avec tous les acteurs politiques et économiques pour voir ce qu’ils ont. A partir de là nous mettons tout le circuit en place. Mais le vrai problème, c’est le réceptif. C’est pourquoi nous utilisons l’Abissa pour promouvoir le Sud-Comoé. Chaque festival pour nous est un prétexte au développement. Ce n’est pas Côte d’Ivoire Tourisme qui développe, il ne fait qu’accompagner le développement et aide à situer l’offre touristique en Côte d’Ivoire. Il revient donc à chaque président de conseil régional de développer sa région. Si les régions ne s’impliquent pas nous ne pouvons pas le faire à leur place. Il leur revient de valoriser leurs sites.

Quelle est alors votre politique à la tête de Côte d’Ivoire Tourisme ?

Je fais le plus beau métier du monde parce que je valorise la Côte d’Ivoire. Je fais en sorte que les ivoiriens se retrouvent pour faire connaitre leur culture. Ma mission première a été la formation au sein de Côte d’Ivoire Tourisme. En 2013, Côte d’Ivoire Tourisme n’était pas trop connu. Moins de personnes ne savaient que nous sommes l’Office national du tourisme, acteur de développement et de promotion du Tourisme. Les gens pensent qu’on jette de l’argent en faisant la promotion, mais non. Ce sont plutôt des retours sur investissement. Nous avons passé le cap des cinq ans à former. Nous avons situé l’évolution de Côte d’Ivoire Tourisme, dans la mesure aujourd’hui où nous sommes admissible à la certification ISO 9001 version 2015. Certainement qu’au moment du SITA, nous recevrons cette certification venant de l’Europe. Environ 3% de société sont certifiées dans la qualité en Côte d’Ivoire avec très peu de structures étatiques. Nous marchons sur un management de qualité c’est-à-dire le SMQ. Après cinq ans nous voulons rentabiliser nos acquis. L’activité touristique est un vrai sacerdoce et beaucoup de nos collaborateurs l’ont compris. Nous ne vendons pas la Côte d’Ivoire mais plutôt la destination.

AIP

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