Les malheurs du cacao et de la noix de cajou

Vent de morosité dans les matières premières agricoles ivoiriennes, entre blocage du cacao dans les ports ivoiriens et baisse des cours de la noix de cajou.

Le café ivoirien destiné à l’export est bloqué depuis quelques mois dans les ports ivoiriens. Le Conseil café-cacao (CCC) a cependant annoncé des mesures pour mettre fin à ce blocage du café dans le port d’Abidjan. «La direction générale du Conseil du café-cacao, en collaboration avec les exportateurs concernés, a pris des mesures pour ramener la fluidité dans la commercialisation du café», indique un communiqué. Ces mesures concernent la mise à disposition des entrepôts de Sifca Coop pour les exportateurs ayant des difficultés de stockage, l’assouplissement des procédures administratives pour faciliter l’exportation du café, et l’assistance aux sociétés coopératives ayant du mal à écouler leur production de café.

Le Conseil du café-cacao de Côte d’Ivoire, organe en charge de la régulation de la filière, a également annoncé l’entrée en vigueur d’un dispositif d’achat du café pour «absorber les stocks à la suite d’un ralentissement dans la commercialisation. Ce dispositif, qui entre en vigueur à partir du vendredi 30 mars 2018, devra permettre d’absorber les stocks de café disponibles sur une courte période.»

Il est bon de préciser que l’Algérie, grand importateur de café ivoirien et qui dispose d’une plateforme logistique dédiée au traitement de l’importation du café, a décidé d’imposer des mesures draconiennes à des exportateurs non broyeurs basés en Côte d’Ivoire. En 2014, la Côte d’Ivoire a en effet exporté 90.414 tonnes de café, dont un tiers environ à destination de l’Algérie. La dépendance à un seul gros acheteur serait-elle en train de pénaliser la Côte d’Ivoire ?

Les cours de la noix de cajou aussi menacés

Les prix de la noix de cajou d’origine d’Afrique de l’Ouest ont fortement baissé à la mi-mars 2018. En cause notamment, le Vietnam, premier transformateur mondial, qui a décrété que les prix de la noix de cajou brute étaient trop élevés. Selon le site d’information www.comodafrica.com qui a rapporté l’information, l’Association nationale des transformateurs de noix de cajou du Vietnam (Vinacas) a ainsi demandé à ses membres, mais aussi aux transformateurs indiens d’interrompre temporairement leurs commandes de noix de cajou brute en provenance d’Afrique de l’Ouest. Objectif : faire baisser les prix. L’effet a été quasi-immédiat. Une puissance de frappe qui a été possible car de nombreux exportateurs en Côte d’Ivoire «n’avaient pas encore signé de contrat en raison des discussions en cours avec le gouvernement sur les modalités d’application du mécanisme de livraison de 15% des stocks collectés aux transformateurs locaux», soulignent les experts de cette filière. Pour l’Association de la noix de cajou du Vietnam (Vinacas) la reprise des importations se fera autour d’un prix de $1800 la tonne, soit un prix du kg au producteur entre 600 FCFA et 650 FCFA en Afrique de l’Ouest.

Stéphane d’Avignon

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