Economie: la Côte d’Ivoire accueille la 4e conférence sur le financement de la croissance verte en Afrique

Le 19 juin dernier, s’est tenu au SOFITEL Hôtel Ivoire la 4e édition de la conférence sur le financement de la croissance verte en Afrique.

Après la Zambie, le Kenya et le Ghana en 2017, la Côte d’Ivoire est le quatrième pays pilote à accueillir une conférence et des ateliers sur la finance verte. Ces activités s’inscrivent dans le cadre d’un protocole d’accord signé en décembre 2016 pour accroître l’accès au financement des petites et moyennes entreprises (PME) africaines pour mettre en œuvre des actions de lutte contre l’impact du changement climatique.

Le gouvernement ivoirien est en partenariat avec African Guarantee Fund, la Banque africaine de développement et le Fonds nordique pour réussir le pari de la mobilisation et de la levée des financements substantiels.

Dans son discours d’ouverture, M. Félix Bikpo, DG de l’African Guaranteed Fund (AGF) disait ceci « Les pays en développement ont besoin de trouver un équilibre entre leur droit au développement et la mesure dans laquelle ils peuvent déployer leurs ressources de carbone pour un tel développement. En effet il est démontré qu’il existe une corrélation positive entre la durabilité de la croissance économique africaine que nous recherchons et le niveau, la qualité de l’énergie nécessaire à cette croissance. »

Mais où trouver le financement ? C’est à cela que devrait répondre la rencontre d’Abidjan dira t-il en substance. « La question, qui est la raison principale de ces rencontres d’Abidjan, est comment financer cette croissance économique respectueuse de l’environnement, et visant, par des actions ou des innovations spécifiques, à remédier aux atteintes qui lui sont portées, tout cela avec un contenu local poussé, croissance qualifiée par les experts de (verte et inclusive) ? »

Or le constat qui est fait selon lui par l’Agence internationale de l’énergie, montre que la transformation d’un monde sans fossiles exigerait 1000 milliards de dollars américains par an d’ici 2020. Environ deux tiers de cette somme, soit 670 milliards de dollars, iraient aux pays en développement notamment à l’Afrique (Pour la moitie). En conséquence, il faudrait un transfert de fonds significatif du Nord en direction du Sud. Malheureusement les ressources publiques du Nord s’amenuisent tandis que les défis auxquels les Etats du Nord sont confrontés s’accroissent d’année en année.

En définitive pour M. Félix Bikpo, il faut nécessairement rechercher des sources de financement en l’occurrence prive, qui viendraient compléter les ressources publiques qui deviennent insuffisantes face à la diversité et la multitude des défis auxquels sont confrontés nos états. Pour lui, le secteur bancaire s’y prête bien car selon lui c’est la principale source de financement des PME.

A sa suite, Mme Arancha Gonzalez, Directrice exécutive du Centre du commerce international a renchéri sur le financement de la croissance verte en disant que « Sans aucun doute, le secteur des services financiers à un rôle important à jouer. Les processus d’évaluation des risques standardisés adaptées aux grandes entreprises ont tendance à surestimer les risques de défaillance présentés par les PME, ce qui entraîne souvent le refus de financement, ou un coût du capital élevé et décourageant. En adaptant la manière dont les propositions sont évaluées, le secteur des services financiers pourrait éventuellement soutenir des projets d’investissement dans l’énergie durable, la gestion écologique des ressources et les services verts. ». « C’est ainsi que le CCI offre des services de conseil pour encourager les institutions financières à appliquer des pratiques d’évaluation de risques plus adaptées aux PME favorisant les propositions de financement des PME vertes. »

La Directrice exécutive du Centre du commerce international a même évoqué trois pistes qui peuvent être explorées afin de donner un précieux coup de pouce aux PME. D’abord, elle suggère d’adapter l’ingénierie financière à l’analyse risque des PME. Les processus d’évaluation des risques standardisés adaptées aux grandes entreprises ont tendance en effet à surestimer les risques de défaillance présentés par les PME, ce qui entraîne souvent le refus de financement, ou un coût du capital élevé et décourageant, note-t-elle.

En outre, les Etats pourraient travailler à la « création d’un écosystème d’appui à la compétitivité de la PME » via un mécanisme « pro-PME » de réformes, de renforcement des capacités et d’accompagnement adéquat. Et enfin, l’approfondissement de l’intégration économique et commerciale régionale et continentale est une voie qui va ouvrir des opportunités d’expansion à ces entreprises.

Cette conférence internationale sur le financement de la croissance verte est co-organisée par le Centre du commerce international (ITC), l’African Guaranteed Fund (AGF), le Nordic Developpment Fund (NDF), la Banque africaine de développement (BAD) et l’État de Côte d’Ivoire.

Rappelons que c’est la quatrième conférence du genre après celles de Lusaka en Zambie, de Nairobi au Kenya et d’Accra au Ghana.

JC ACKE

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