Date: 23/11/2014 RSS Côte d’Ivoire-ECONOMIE, le périodique des dirigeants et leaders d’opinion.
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Interdiction des sachets plastique : Le nouveau marché du « biodégradable »

21/09/2010

Entrée en vigueur le 1er juillet dernier, l’interdiction de la commercialisation des sachets en plastique va affecter le quotidien de tous les Gabonais tant son usage est entré dans les mœurs de la consommation. Mais cette mesure écologique drastique ouvre la porte à un nouveau marché au Gabon, celui du sac biodégradable.

« Il y a 600 000 habitants à Libreville. On peut dire que chacun utilise un sachet par jour », estime le président de l’ONG environnementale Brainforest, Marc Ona Essangui. Ces petits sachets noirs sont bien connus des Gabonais. Ils les utilisent pour mettre leurs achats dans les boutiques de proximité et les supermarchés, ils sont omniprésents dans les marchés et emballent leurs nourritures à la cafétéria ou chez les vendeuses de « gâteaux ». Autant dire que l’estimation de Marc Ona Essangui n’est pas excessive. La société Kaba Plastic importe à elle seule 15 tonnes de sacs plastiques par an pour alimenter le marché gabonais alors que son concurrent SG Plast affirme en faire venir entre 37 et 50 tonnes par mois.

Il existe trois catégories de biodégradabilité pour les sachets plastiques. Les premiers sont ceux issus de l’industrie pétrochimique. Ils sont les plus polluants et mettent cent cinquante à deux cents ans pour être assimilé par la nature. Il existe également les sacs plastiques biodégradables issus de l’industrie chimique. Ils sont aussi polluants que les premiers, mais moins longtemps grâce à un procédé chimique qui accélère sa dégradation. La troisième catégorie est celle des sachets biodégradables et compostables bio qui ne produisent aucune pollution. Les deux premières catégories de sachets existent déjà sur le marché gabonais (les premiers en très grande majorité), mais les sacs « bio » devraient avoir plus de mal à y pénétrer.

 

Les consommateurs devront-ils en payer le prix ?

Quoi qu’il leur en coûte, avec l’interdiction des sachets plastique par le gouvernement à compter du 1er juillet, les opérateurs du secteur devront vite passer aux sachets biodégradables pour survivre. Leur principal défi réside alors dans le maintien du coût des nouveaux sacs pour limiter l’inflation. Un commerçant achète d’ordinaire un paquet de 50 sachets plastique pour 1 000 francs CFA. Si les nouveaux sachets biodégradables étaient commercialisés le double ou le triple, les commerçants répercuteraient inévitablement cette charge sur le prix de leurs produits.

SG Plast n’a pas perdu de temps. Son directeur, Farhat Fady affirme ne plus commercialiser que des sacs « oxo-dégradables », dans lesquels un additif attaque la chaîne moléculaire du sac qui devient ensuite assimilable par des micro-organismes. « Bientôt nos sacs porteront leur date de fabrication pour qu’on puisse juger de leur dégradabilité », a-t-il précisé.

Le marché du sachet biodégradable est donc ouvert mais attention, il comporte des contraintes de qualité et de coût. La présence massive de «faux» sachets biodégradables, qui en réalité ne le sont pas, ne trompera pas longtemps les autorités. Mais le principal défi des opérateurs du secteur sera de trouver une alternative économiquement viable aux petits sachets noirs…

Contact : SG PLAST. Situé dans la ZI d’Oloumi, en face de SAN GEL. Tél. : +241 06 64 49 94/+241 07 39 80 14. fadi.farhat@hotmail.com

Jean de Dieu Zok Endong

 

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